Titre : |
Le rapport de Brodeck |
Type de document : |
texte imprimé |
Auteurs : |
Philippe Claudel (1962-), Auteur |
Editeur : |
Paris : Stock |
Année de publication : |
2007 |
Importance : |
400 p. |
Format : |
22 cm |
ISBN/ISSN/EAN : |
978-2-234-05773-9 |
Note générale : |
D2-3 |
Langues : |
Français (fre) |
Catégories : |
8b-Littérature:Genre littéraire:Récit:Roman
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Index. décimale : |
823 ROMANS (récits, nouvelles, histoires vécues romancées) |
Résumé : |
Le métier de Brodeck n'est pas de raconter des histoires. Son activité consiste à établir de brèves notices sur l'état de la flore, des arbres, des saisons et du gibier, de la neige et des pluies, un travail sans importance pour son administration. Brodeck ne sait même pas si ses rapports parviennent à destination. Depuis la guerre, les courriers fonctionnent mal, il faudra beaucoup de temps pour que la situation s'améliore. 'On ne te demande pas un roman, c'est Rudi Gott, le maréchal-ferrant du village qui a parlé, tu diras les choses, c'est tout, comme pour un de tes rapports.' Brodeck accepte. Au moins d'essayer. Comme dans ses rapports, donc, puisqu'il ne sait pas s'exprimer autrement. Mais pour cela, prévient-il, il faut que tout le monde soit d'accord, tout le village, tous les hameaux alentour. Brodeck est consciencieux à l'extrême, il ne veut rien cacher de ce qu'il a vu, il veut retrouver la vérité qu'il ne connaît pas encore. Même si elle n'est pas bonne à entendre.
Critique par Mélanie Carpentier
La guerre 1914-1918 et le Nord des ‘Ames grises’ se sont évaporés. Dans ‘Le Rapport de Brodeck’, les contours du temps sont vaporeux, l’espace incertain. Car plus qu’un roman, l’oeuvre est une fable universelle dans laquelle on ne nomme jamais vraiment. On pense à la Shoah, à l’Est de la France mais plus encore à toute l’histoire humaine. Brodeck écrit son rapport, expire sa vie sur le papier, Claudel, son obsession du mal qui possède et qui ronge. Derrière chaque phrase, c’est le monde qui déborde : cruel, absurde, abjecte. Les âmes grises sont devenues noires. Damnées ? La guerre est un état permanent de l’humanité. A la descente aux enfers succèdent des tentatives désespérées de revenir à la vie, des lueurs d’espoir. ‘Le Rapport de Brodeck’ devient bien vite le miroir d’une société dans lequel on se regarde la gorge nouée et les poings serrés. Comme le narrateur, on y voit l’autre. L’autre, l’étranger. L’autre, l’ami. L’autre, l’amour. Et l’on comprend que l’altérité unit et désunit. Passé maître dans l’outil romanesque, Claudel glorifie le propos par une construction virtuose. De l’ouverture si mystérieuse à la fin subtile, le conteur humaniste fait défiler nombre de personnages, multiplie les ruptures narratives, remonte le temps, entrelace ses récits mais jamais ne s’égare. D’ailleurs ce n’est pas Claudel qu’on lit, c’est Brodeck et la confession de ses souvenirs prégnants. Tout est si fluide. Et c’est donc à Brodeck que l’on associe cette plume parfois trop métaphorique et ses évidences naïves. ‘Le Rapport de Brodeck’ submerge. Il fait appel aux sens et à la chair. Se lit et se vit. Un roman majeur.
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Note de contenu : |
Thèmes: fable universelle - histoire humaine - mal - bien - absurdité - cruauté - guerre - paix - amour - espoir - société - étranger (l') - altérité |
Permalink : |
https://biblio.esnd.be/opac_css/index.php?lvl=notice_display&id=1112 |
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